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Soirée du 12 novembre 2016

Ce samedi 12 novembre a été décerné au Casino du Groupe Tranchant de Valras-Plage (34) le Prix Maurice Bouvier 2017 à Henri Weigel pour son ouvrage "Boomerang meurtrier, la troisième porte de la loge" en présence de :
- Alain Poirrier, lauréat du prix Maurice Bouvier 2016 pour son ouvrage "Latrodectus, les veuves noires",
- Henri Bec, Conseiller Départemental,
- Gérard Prato, Conseiller Régional,
- Christine Villeneuve suppléante du Député Élie Aboud qui en dépit de ses obligations est aimablement passé saluer les organisateurs avant l’événement,
- Michel Sabarthes Président de l'Association Culturelle du Tarn et responsable du salon international du livre de Mazamet (81),
- Bruno Lerognon, responsable des patriotes du canton Béziers 1,
- Pierre Villeneuve, conseiller municipal de Valras-Plage,
- Denis Marsala, officier de police honoraire,
- les personnels de la La Poste,
Merci à toutes et tous pour votre participation à ce prix de littérature policière.
Un grand merci à Hervé Treilhes pour son soutien et son aide à l'organisation de cet événement culturel ainsi qu'à la Direction et au personnel du Casino de Groupe Tranchant de Valras-Plage pour son sympathique et chaleureux accueil.

Allocution de Jacques Nain, ancien de l'antigang et actuel directeur des 

Éditions Auteurs d'Aujourd'hui

Bonsoir à tous,


Tout d’abord je souhaite vivement vous remercier d’avoir accepté notre invitation d’autant que ce soir nous sommes très honorés par la présence de monsieur le représentant de l’État dans l’arrondissement ; par celle de monsieur le Député de la circonscription et de sa suppléante et par celle de nombreux élus locaux, départementaux et régionaux ; d’agents des services publics : police, gendarmerie, finances ou de partenaires précieux comme ceux de La Poste.

Je salue l’accueil que la direction et le personnel du Casino du groupe Tranchant de Valras-Plage ont bien voulu nous réserver au titre de cet événement annuel autour du livre et plus particulièrement du roman policier. 
À l’initiative de Claude Villeneuve, l’ancien maire, le Casino est devenu, et reste sous l’impulsion de sa direction, le lieu emblématique de cette station balnéaire chère au coeur des Biterrois et sans lequel Valras-Plage 
ne saurait avoir ce rayonnement bien audelà de notre département. Un accueil sympathique pour un événement culturel qui n’aurait pas eu la même résonance s’il s’était tenu ailleurs qu’au Casino du Groupe Tranchant. 

Je remercie bien évidemment les médias pour la couverture de l’événement.

Enfin, je me réjouis de la présence parmi nous d’Alain Poirrier, le lauréat 2016 venu spécialement de la région bordelaise pour transmettre le 
Prix au lauréat 2017, Henri Weigel qui nous vient quant à lui de Franche-Comté. Au-delà des régions, c’est donc une chaîne symbolique d’auteurs réunis par la même passion : celle de l’écriture de romans policiers de qualité.
Le Prix Maurice Bouvier est un prix de littérature policière qui récompense chaque année un auteur d’expression française à partir d’un manuscrit inédit.
Créé depuis le début de la décennie par les Éditions Auteurs d’Aujourd’hui, ce Prix est un hommage aux personnels de la Police Judiciaire c’est-à-dire au sens de l’article 12 du Code de Procédure Pénale un hommage à toutes celles et ceux qui, sous la direction des procureurs de la République, oeuvrent au quotidien pour notre sécurité. 

Cette notion juridique explique notre volonté de remettre ce Prix avec à nos côtés Henri Bec, Conseiller Départemental de notre canton et procureur de la 
République honoraire ; ici, ce soir et dans cette salle, il sait mieux que quiconque ce que signifie le terme de Police Judiciaire. Alors me direz-vous, pourquoi un tel hommage ? La triste actualité des derniers mois, les
attentats de Paris et de Nice, les assassinats des deux policiers de Mantes-la-Jolie comme les agressions de Viry-Châtillon, nous confortent dans l’idée que policiers et gendarmes doivent être plus que jamais soutenus par la population.

Au travers de l’écriture et de l’attribution de ce Prix, en notre qualité d’Éditeur, c’est donc notre modeste contribution au nécessaire prosélytisme pour la défense de nos forces de l’ordre sans lesquelles notre société deviendrait vite une jungle où la loi du plus fort et des criminels serait la règle ; forces de l’ordre qui sont et restent le rempart de nos libertés contre toutes les formes d’anarchie, de voyoucratie et de terrorisme.

D’ailleurs, les constituants de 1789 n’avaient-ils pas affirmé que la garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique ? Ce texte demeure d’actualité au titre du préambule de notre Ve République aussi on peut comprendre les récentes et légitimes revendications des policiers dès lors que leurs moyens matériel et juridique affaiblis ne sont plus en capacité de répondre à leurs exigences 
professionnelles face aux dérives, périls et défis de notre société mais aussi vis-à-vis de cette nécessaire notion de force publique appliquée sur le territoire national depuis plus de deux siècles.
Dans l’esprit, le Prix Maurice Bouvier procède de tout cela et donc de notre profond respect pour l’Institution Judiciaire, pour les magistrats bien évidemment mais aussi pour les auxiliaires de justice que sont les 
gendarmes et policiers. 

Maurice Bouvier était l’un de ceux-là. À partir du 36 quai des Orfèvres, et de la mythique Brigade Criminelle, il était un commissaire connu et reconnu pour dénouer les plus grandes énigmes judiciaires avant d’être promu Directeur de la Police Judiciaire parisienne puis, ensuite, Directeur Central de la PJ au Ministère de l’Intérieur. Un parcours exceptionnel et unique dans la hiérarchie de ce que d’aucuns appellent La Grande Maison. Chaque année, depuis maintenant sept ans, nous décernons le Prix Maurice Bouvier en novembre en raison de la dernière affaire d’importance menée par l’intéressé alors Directeur Central de la Police Judiciaire. J’évoque là la traque de Jacques Mesrine et la fusillade du 2 novembre 1979 à Paris où, sous l’impulsion de Maurice Bouvier, les brigades antigangs parisienne et nationale étaient associées pour faire face et mettre hors d’état de nuire l’ennemi public N° 1 du moment.

Au-delà de l’Histoire de la PJ, ce prix est lié à l’actualité. À titre d’exemple, en 2014, Sylvie Magras mettait en scène une brigade de gendarmerie de province alors que les militaires de ce prestigieux corps venaient d’intégrer la tutelle du ministère de l’Intérieur. L’année suivante, le héros d’Isabelle Massare-Villain était un commandant féminin, il était un véritable clin d’oeil à la nomination comme DCPJ de Mirelle Balestrazzi, première femme assurant ce haut poste à responsabilité dans le bureau de la Place Beauvau, où plusieurs années auparavant, Maurice Bouvier avait lui-même exercé. L’an passé, Alain Poirrier proposait une enquête provinciale avec des enquêteurs d’un commissariat prouvant, s’il en était besoin, que la Police Judiciaire ne se limite pas aux seules illustres brigades de la capitale.


Aujourd’hui, avec Boomerang meurtrier, Henri Weigel nous propose un ouvrage particulièrement singulier.

Rien à voir avec les classiques du genre tels que les ouvrages de Georges Simenon, d’Agatha Christie ou d’Alfred Lenglet. Normal ! Le propre de notre lauréat est de s’interdire de subir une quelconque influence 
littéraire dès lors qu’il la considère déjà comme une forme de plagiat. C’est tant mieux ! En effet, au-delà de la qualité d’écriture, le lecteur découvrira un récit inattendu et saisissant.

 

Je vous rassure, comme tout bon roman policier dans celui-ci nous avons un cadavre et même plusieurs. Son jeune commissaire a des motivations qui dépassent la raison un peu comme celles du commissaire 
Michel Neyret, numéro 2 de la PJ Lyon, révoqué et condamné en juillet dernier par le Tribunal Correctionnel de Paris pour des dérives personnelles dont les magistrats ont dit qu’il avait « perdu tout sens des limites ».
Quand la fiction s’apparente à la réalité et que les comportements insolites s’éloignent de la déontologie on est fasciné par l’intrigue mais, évidemment, au risque de vous décevoir, je n’en dirai pas davantage ; vous n’en saurez pas plus sur le contenu de l’ouvrage !

Cette année, sur la quarantaine de manuscrits reçus, c’est assurément la singularité des procédés du héros de ce livre qui a séduit les membres du jury. Boomerang meurtrier est l’ouvrage qui devait être mis à l’honneur.

Avant de céder la parole à monsieur le sous-préfet, à Henri Bec notre conseiller départemental puis à l’auteur primé, au nom des Éditions Auteurs d’Aujourd’hui il m’est à présent agréable de conclure et de déclarer officiellement Henri Weigel lauréat du Prix Maurice Bouvier 2017 pour son roman Boomerang meurtrier.

Allocution de Monsieur Henri BEC

Conseiller Départemental, Procureur de la République honoraire.
(Propos relevés par Geneviève Planquès, journaliste)

Quand Jacques Nain m’a chargé de remettre ce soir le prix Maurice Bouvier 2017 à Henri Weigel pour son dernier roman Boomerang Meurtrier, la troisième porte de la loge, je me suis immédiatement procuré ce livre pour le lire. Je dois dire que j’ai eu une très bonne surprise. Tout d’abord, dès que j’ai ouvert ce roman, je l’ai lu en une soirée. Je n’ai pas pu m’arrêter jusqu'à la fin. L’histoire est captivante et insolite. Les personnages sont crédibles.

Il est très important de souligner que l’auteur a parfaitement respecté la procédure judiciaire en corrélation exacte avec le Code de Procédure Pénale. En qualité d’ancien magistrat et par déformation professionnelle, j’ai cherché des erreurs de procédure. Pas une seule !

C’est donc une qualité parce que c’est quand même agréable à lire pour le lecteur. Là il y a au moins une histoire romancée mais vraie. 

 

Enfin, la dernière qualité que j’ai trouvée à ce livre, c’est l’écriture. Alors là, l’écriture c’est une écriture de cheval au galop. Je ne sais pas comment vous écrivez, si vous écrivez lentement, car on a l’impression que l’auteur s’est mis à son bureau un beau jour et qu’il ne l’a pas lâché jusqu’à la fin et l’a écrit à toute allure. Cependant, l’écriture est très légère, très enlevée, ce qui permet de passer de page en page très facilement. Et puis, c’est le temps utilisé pour la narration, c’est au présent. Ça alors, c’est très agréable et très curieux. Ça met sûrement une vie supplémentaire au récit. « Monsieur fait ceci... Madame fait cela… C’est très particulier » 

Voilà ce sont les trois qualités que j’ai trouvées dans ce livre.

Il faut donc, Monsieur Weigel vous remercier de nous faire passer un bon moment dans cette lecture. Il faut aussi remercier l’éditeur, parce que l’éditeur ce n’est pas non plus n’importe qui. Ce n’est pas facile d’avoir le talent de découvrir des talents. On peut toujours commettre des erreurs, avoir des appréciations personnelles qui ne seraient pas celles des lecteurs. Et là en l’espèce, Monsieur Nain, l’éditeur a eu la « bonne main » pour présenter ce roman. Enfin les derniers qu’il faut remercier, c’est le jury qui ne s’est pas trompé de livre et qui a touché la bonne cible.

C’est donc pour toutes ces raisons que Monsieur Weigel, j’ai le plaisir de vous remettre ce prix ce soir.

Remerciements d'Henri Weigel

Merci.
Lorsqu’à la fin de l’été, Monsieur NAIN m’a appelé pour me dire que mon roman recevait le PRIX MAURICE BOUVIER 2017, J’ai ressenti un immense et double plaisir. Le plaisir d’abord de ce prix, mais surtout celui d’être reconnu et accepté par des policiers éminents, vous qui me servez de modèle pour certains de mes personnages.
Lorsque je commence un roman, j’ai déjà sa finalité en tête. J’ai décidé du sujet principal de l’intrigue, du début, de la fin et du moment crucial où tout bascule dans le cheminement de mon histoire. Puis lorsque j’écris, mon esprit se déconnecte complètement de ce qui m’entoure et je me laisse entraîner par mes personnages. 
La force d’un personnage peut être si réelle/tangible que certaines nuits tourmentées, il m’arrive de rêver qu’il sort subitement du roman pour régler ses comptes avec moi. 

Je sens, sur mon cou ses mains si je l’ai étranglé, la balle qui me transpercer le corps si je l’ai ainsi exécuté ou la lame de la guillotine si j’ai fait condamner à mort un innocent. Mais aujourd’hui, j’ai le sentiment que mes personnages les plus sympathiques ont réellement quitté mes livres et m’accueillent autour de ce prix Maurice Bouvier. 

 

Enfin lorsque la rédaction de ce nouveau roman est achevée et que je l’ai relu, commence une période de doute. Je n’ai aucune idée sur la qualité de mon travail. Est-il bon est-il mauvais, je n’en sais rien. Il n’a pas encore de vie. Ce n’est que lorsque je reçois les premiers retours des lecteurs de mon entourage qu’il commence à prendre vie, à la façon de l’enfant qui vient de naître lorsqu’il reçoit la première tape sur les fesses par l’accoucheuse. 

Pour Boomerang meurtrier, ce sont les membres du comité de lecture qui lui ont donné à la fois la vie et son nom.

 

Enfin, je veux ajouter que nous devons tous être reconnaissants envers les policiers, trop fréquemment décriés. Ils remplissent des missions difficiles, bien souvent au détriment de leur propre vie.
Merci encore de m’honorer aujourd’hui.